Mon 19 May 2008
Je suis en route pour le K-nal à pas pressé. Ce n’est pas le diable qui est à mes trousses mais bien la perspective de rencontrer des dieux! Des dieux de la musique, s’entend. Grâce à une Radio au parfum frais (mais non poivré) ainsi que 3 SMS surtaxés, une malédiction vieille de 12 ans a enfin été levée: celle de ne pas pouvoir voir dEUS en concert. Pourtant, je n’étais pas passée loin il y a presque deux ans (rappelez-vous cet article “groupie style“). Je rongeais donc mon frein, espérant que le groupe nous rajouterai un p’tit Forest National après la saison des festivals et voilà, la Fortune a décidé de me faire un guili-guili. Non seulement, dEUS serait au programme mais aussi Arid et Girls in Hawaii.
Lo m’accompagne. C’est normal… comment oublier cette soirée anversoise il y a 9 ans quasi jours pour jours? Un soir, nous n’avions rien d’autre à faire et celui qui était alors mon voisin du dessus avait dit “Oui” à ma proposition d’aller faire de la figuration sur “Instant Street”. S’en étais suivit une TRES longue nuit au café d’Anvers, avec les images de Klaas Janzoons épuisé, étalé de tout son long sur le sol d’un des balcons, d’un Tom Barman hyper-nerveux fumant clopes sur clopes, mais sexy en diable, d’un Danny Momens plus cool que cool, d’un Craig Ward qui faisait la gueule et parfait contraste d’un Jules De Borgher hilare. Nous nous étions résigné de quitter vers 5 heures du matin alors que la fête continuait. Il était donc normal qu’il soit mon complice pour la soirée!
L’endroit “ultra-secret” était donc le K-nal, un ancien entrepôt d’acier et de bois au bords de l’eau transformé en salle polyvalente. La paume dument estampillée, je découvre un endroit complètement ignoré! Dommage qu’il ne serve que pour des évènement ponctuels. Ce mélange chaud-froid entre l’organique et le minéral, l’architecture aérée du bâtiment, tout me tape dans l’œil. Miracle, il reste de la place près de la scène. Je m’installe donc pendant que Lo va nous chercher des bières. Pour la soirée, je retrouve mon cœur de midinette! En effet, aucun espace ne sépare le public de la scène. J’ai littérallement les coudes sur le plancher! A 9 heures, Arid débarque dans des effets de lumière aériens. Arid, il y a quelques années, était regardé comme un des principaux espoirs de la scène musicale flamande. Disons-le, ils faisaient du Keane avant que le groupe de Ben Chaplin ait commencé à y penser! Des mélodies accrocheuses, un chanteur, Jasper Steverlinck, à la voix impressionnante, et pas désagréable à regarder… et puis POUF, le soufflé est étrangement retombé. Mais ils sont de retour et c’est avec décontraction et simplicité que Jasper entame un set équilibré entre anciens et nouveaux titres. Plaisant mais sans plus. Le filles des premiers rangs par contre, sont plus que conquises! Moi, j’essaie de ne pas me faire remarquer car les photos sont normalement interdites et je prends quelques clichés à la sauvette.
Une bonne quarantaine de minutes plus tard, on vient installer toute la scénographie de Girls in Hawaii. Ouf… ils ont bien pensé à la déco… de vieilles télés, des abats-jour kitchissimes de couleurs différentes… Va t’il rester de la place au groupe (ils sont quand même 6)? Ne pas photographier tout cela serait un crime! Les “Girls” étant extrèmement populaires, il suffit des premières notes de “This Farm Will End Up In Fire” pour mettre le feu aux poudres. Dans un light-show époustouflant (et extrêmement difficile à saisir). On baigne dans le soleil couchant, brule dans les flammes de l’enfer, plonge sous la glace pendant que les télés diffusent de longues séquences mélancoliques ou des montages soulignant une musique dense (trop?), serrée mais qui offre de beaux moments de tension extrême (”Flavor”) ou plus apaisant (”Found In the Ground”).
Des apéritifs plus que consistants pour préparer le public à l’objet sonore qui va leur tomber dessus. Il est 23 heures quand dEUS monte sur scène. Je suis aux pieds de Klaas, littérallement! Si je tends le bras, je pourrais toucher ses jolies bottes blanches. Tom monte sur scène le dernier, cigarette aux doigts et prêt à en découdre. Ca y est. 12 ANS!!! Ils sont bien là devant moi et en train de jouer le début de “Slow”. Les choses sérieuses commencent avec “Theme From Turnpike”. De Tom, on ne voit que son regard. Au fur et à mesure qu’il entre dans le concert, il se renverse, roule des yeux transis puis reprend un visage normal, comme si de rien était. C’est impressionnant le pouvoir qu’exerce le rythme. Klaas ne lèvera pas la tête. Concentré sur son synthé, son violon, ses percus et autres petits instruments. Mauro, dont la barbe a encore poussé depuis son passage au Café Central, affronte crânement le public qu’il troue de son regard bleu piscine. Alan est plutôt en mode relax et souriant tandis que je vois à peine Stéphane, caché derrière les instruments. “The Architect” joue comme un détonateur! Le voilà ce “frisson” que je connais bien et que j’attends à chaque concert. Le moment où on commence à oublier où on est…Le refrain est irrésistible et voilà le public qui s’y met… Il contribuera aussi à “Instant Street” pour cause de guitare défaillante (la fameuse ligne de guitare de la fin de la chanson), “Bad Timing” est, je pense, le seul rescapé de “Pocket Revolution” . Moment de grâce, “Smoker’s Reflect”, baigné dans une lumière rouge, et qui est sans aucun doute ma préférée de “Vantage Point”. Au moment du rappel, je pense défaillir! C’est “Fell Off The Floor, Man”. Tom, a négligemment planté une enième cigarette entre des deux clés de sa guitare. Elle ne va pas faire long feu sur ce morceau bien agité! Les applaudissements n’ont même pas le temps de s’éteindre que les premiers crissements de violons de “Suds and Soda” vrillent dans l’air. C’est la folie! On ne peut plus retenir Tom qui doit bien sentir que le public complètement parti, lui aussi!
Les lumières se rallument. Je regarde Lo qui me saute quasiment au cou (quasiment parce qu’il est deux fois plus grand que moi)!
Le fond de l’air est frais quand nous nous retrouvons dehors. Je chancelle étrangement, encore ébranlée par la musique. Lo aussi.
“Et voilà, dEUS en live, ça, c’est fait”
“Ah ben oui maintenant, tu vas devoir trouver un autre but dans la vie” me taquine t’il.
Bon, ils viennent à Forest national finalement?
Vous pouvez aussi jeter un oeil aux superbes images du photographe “officiel” de la soirée (Ouais Mel… tu as tout à tout à apprendre, ma vieille).









