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15 December 2009 521 views 3 Comments

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Lectrice, Lecteur,

Ca fait un moment qu’on ne s’est pas parlé, toi et moi. Si tu t’inquiètes, n’aie crainte: je n’avais pas abandonné mes “Pensées”, j’étais en vacances, Je prenais une dose de soleil des Caraïbes pour affronter l’hiver. Ma dernière escale: Aruba, connue pour ses eaux bleues claires. Alors que je contemplais la mer en sirotant une bière, je fus distraite par une inopportune: la Mélancolie. Déjà. Alors que j’étais encore là. Je regardais le soleil qui souriait, le vent, même fort, qui est une caresse plutôt qu’une gifle, les oiseaux sur le sable, chantant de tous leurs cœurs et sautillant pour soutirer des miettes aux vacanciers, le rythme indolent des habitants qui marchent sans se presser, le bruit soyeux des palmiers qui s’agitent dans la brise mêlé à la rumeur des vagues, les sourires rencontrés… L’hypnotique aigue-marine de la mer me fit avaler la dernière gorgée de Balashi en vitesse. J’avais le temps de nager une dernière fois, je me précipitais la tête la première. Partout où je regardais, du bleu… En me retournant vers la plage, je me demandais: bien sûr j’adore ma Bruxelles et surtout ses défauts, ma vie n’est pas à plaindre mais étais-je sur la bonne route? Et si mener une vie de Bohémienne, me balader dans le monde et le raconter était mon destin? Etait-ce normal de se sentir si intensément au bords des larmes à l’idée de rentrer? En faisant la planche et en regardant les nuages glisser, j’échafaudais déjà des plans: il suffirait de me rendre sur le bateau et de dire: je descends ici, merci beaucoup! Qu’aurait-on à opposer à mes souhaits? Faire mes valises ne me prendrait que 20-30 minutes tout au plus. Je me voyais sur le quai, attablée à un bar, bagages à mes côtés, en train de boire un “Pink Iguana” en regardant le Ruby Princess s’éloigner doucement.

C’était possible, si je le voulais.

Il suffirait de cinq minutes de courage.

Et comme les vagues vous ramènent inexorablement sur la plage, les considérations matérielles et pratiques me ramenèrent elles aussi à la réalité: et ma famille? Et l’argent que me rapporte mon boulot? Et Caïpi?

Et en me remplissant les yeux sur un dernier soleil couchant, mon Moi s’exclame: Putain de réalisme!

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3 Comments »

  • Un Homme said:

    “All it takes is one decision, a lot of guts, a little vision, to wave your worries and cares goodbye.” Placebo, Slave to the wage ;)

    Ceci étant, quand on pense à notre mode de vie en Occident, il y a effectivement de quoi pleurer…

  • Vicky said:

    Très beau récit qui me fait penser à mes expériences de baroudeuses !
    Comment quitter ce monde parallèle qu’est les vacances et le farniente pour revenir dans le vrai monde celui du travail, de la famille ! A moins d’être égoïste ou d’entreprendre une vie de globe trotteuse, ce sentiment nous ronge jusqu’à la dernière minute…
    Bon retour à la réalité.. :)

  • Pensées sans importance » Blog Archive » 10 jours une décennie: 2009 said:

    [...] Je fais le plein de vitamine D pour affronter un hiver qui s’annonce long et vous raconte ma vie, pour ne pas [...]

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